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Lorsque je retourne à Fécamp, ma ville natale, j’ai pour rituel de faire un tour à l’abbatiale de la Trinité, dont les premières pierres ont été posées voilà plus d’un millénaire, en ce qui se surnommait alors la Jérusalem du Nord (rien à voir avec la photo ci-dessus prise au pied du Snaefells). Chaque fois aussi, toujours selon mes habitudes, et bien que je n’adhère à aucune religion, j’y allume un lampion dans la chapelle de la Vierge car, paradoxalement, sans être ce que l’on appelle croyant, j’aime cette femme au-delà de la simple notion de ce qu’elle représente. Du reste, s’il devait m’arriver de prier, ce serait certainement à elle que je m’adresserais.

Quoi qu’il en soit, il y a un peu plus de quatre ans, là, devant ce lampion, je me suis demandé : qu’arriverait-il si, de nos jours, une jeune femme vierge se faisait annoncer par son médecin qu’elle était enceinte ?

De cette simple question est né ce roman.

Curieusement, alors que je me posais la question, je venais juste de réaliser que la civilisation occidentale, que l’on appelle judéo-chrétienne, devait en fait également beaucoup à son héritage nordique. À côté du Dieu qui préside entre le bien et le mal et auquel réfèrent la Bible, la Torah ou le Coran, toute notre civilisation a aussi hérité de la mythologie scandinave puis germanique pour qui la notion du bien est avant tout synonyme de force, d’endurance et de réussite.

Dans le prolongement de la réflexion, je me rendais compte que, trop souvent, les religions et cultures du Dieu venu de Mésopotamie ont tendance à plus ou moins mépriser la femme alors que, de son côté, la mythologie nordique qui fait de la force un idéal, voue au contraire à la femme une considération très haute.

Autre constatation du moment, tandis que les religions du Dieu unique tendent à nous laisser entendre que nous sommes hors de la nature, que nous la dominons et, par conséquent, ne pouvons lui prêter de volonté propre, la mythologie nordique rappelle que nous n’en sommes qu’une expression parmi les autres et que cette nature a des desseins autres que les nôtres.

Pour ajouter à l’étrangeté des coïncidences, alors que je comprends aujourd’hui que ce roman ne pouvait se dérouler ailleurs qu’en Islande, pourquoi a-t-il fallu que le hasard m’y conduise à ce moment-là ?

Tous ces faits éparpillés ne semblaient pourtant pas former un tout cohérent, cependant, à partir du moment où j’ai créé le personnage de Miriam, les autres : Adam, Hella et Loki ont suivi et la magie a opéré. Je n’ai plus eu d’autres choix que de les suivre pendant que tous les éléments se mettaient d’eux-mêmes en place pour en arriver à ce que je sais aujourd’hui et que je vous propose de découvrir.

Sur ce dernier point cependant, je dois préciser que si ce roman a bien entendu son dénouement, il n’est pas pour autant conçu pour apporter des réponses, ce n’est pas mon style. Au contraire, à travers le voyage mystérieux et troublant qui est proposé, il invite plutôt à se poser ses propres questions.

En terminant, je suis sceptique à propos des classifications ; en effet, comment déterminer exactement si un roman est policier, historique ou je ne sais quoi ? Un roman, un vrai, est avant tout une tranche de vivant, et puisque la vie est faite de tout... Bon, sous la torture je pourrais dire que celui-ci inaugure un nouveau genre et je le nommerais suspens métaphysique, mais, encore une fois, pourquoi vouloir classer un roman dans un genre particulier ? Car, au fond, qu'est-ce qu'un roman si ce n'est une histoire d'amour ? Qu'y a-t-il d'autre que l'amour -- ou son absence ? Oui, en fin de réflexion voilà : mes romans sont avant tout des histoires d'amour !

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