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Didier Fessou, Le Soleil,

Suggestion de la semaine (2 novembre 2008)

À l'est de minuit

PPK est bourré de talent et d'imagination. Dommage qu'on n'entende jamais parler de lui dans les médias spécialisés dans le bavardage, le copinage et le «promotionnage» de tout et n'importe quoi! L'histoire? Celle d'une croisière au départ de Miami qui tourne mal : les couleurs s'estompent, les sons perdent leur tonus, les parfums ne sentent plus rien, le champagne goûte le soda, il fait froid dans les Caraïbes, les instruments de navigation se détraquent, les gens disparaissent, etc... Au coeur de cette histoire fantastique qui défie le temps et l'espace, une Indienne à la robe violette et le souvenir de violentes amours ancillaires entre Blancs et Chickasaw sur les bords du Mississipi.

À l'est de minuit, PHILIPPE PORÉE-KURRER, LES ÉDITIONS JCL, 282 PAGES
 


 

Dans la chronique de Jean-Luc Doumont en ligne sur:

http://madeinquebec.wordpress.com/2008/10/29/lest-de-minuit-de-philippe-pore-kurrer/

Avis :

Porée-Kurrer vient de marquer un grand coup et pas le moindre. Pour la même histoire, il offre sept visions différentes via des personnages des plus colorés qui soient. Ma préférence và pour Isabel Mastretta, qui grâce à sa vision très particulière méritait un roman pour elle seule. Un personnage comme on les aime, à la fois forte et attachante. Même si pour son précédent roman, je n’avais pas trop aimé le livre dans son ensemble, je dois dire que ce dernier est pour moi, le meilleur de cet auteur. Je me suis régalé, au point d’en demander encore. « À l’est de minuit » résume très bien la cohabitation de différentes personnes ne venant pas du même milieu et de leurs visions si particulières du même évènement. L’écriture est belle et soignée, les personnages attachants et détestables à la fois, bref, ils ne laisseront aucun lecteur indifférent. Un must!


LIVRE PLUS

Je dois sincèrement avouer qu’après la lecture de ce livre, mon esprit reste un peu troublé. Non pas à cause de la forme, car il est très bien écrit – j’allais presque dire trop bien écrit –, mais plutôt à cause de l’histoire elle-même. Je me demande même s’il y a véritablement une histoire, car après avoir lu la dernière phrase, je me suis posé une simple question : mais qu’est-ce qu’il vient de se passer?

 En fait, je viens de vivre une expérience extra-sensorielle, un plongeon radical dans la cinquième dimension, en plein Triangle des Bermudes, là où le temps s’arrête, là où l’espace-temps se conjugue de manière singulière...

 Un navire en partance pour Cannes quitte Miami pour traverser l’Atlantique. À son bord, les passagers ne se doutent de rien. Parmi eux, sept personnes vont être les témoins des événements. Chacun d’eux va réagir comme un prisme. Tour à tour, les mêmes événements vont être décrits à travers le regard et la perception de chacune de ces sept personnes. Petit à petit, les couleurs, les odeurs, les saveurs disparaissent. La matière même se désagrège.

 Pourquoi? Je n’en sais rien. Mais ce dont je suis sûr c’est qu’une fois commencé ce livre nous tient comme des liens invisibles et l’on relève la tête qu’une fois celui-ci terminé.

 

©  Thierry Valois

©  LivresPlus, Montréal, 2008

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